L’ARGENT
L’argent se nourrit à crédit
chez son contemporain
Vie et mort sont les mélodies
de l’éternel refrain
L’aventurier a l’audace
de voir sa détresse
Il joue à pile ou face
sa dernière pièce
Une faim de loup escorte
l’argent en colère
Deux poches vides transportent
la pleine misère
A coups de pierre il combat
sa triste étoile
Dans les cailloux il aperçoit
la précieuse moelle
L’argent se nourrit à crédit
chez son contemporain
Vie et mort sont les mélodies
de l’éternel refrain
Fortune puisée à la main
l’or reste de pierre
Un alchimiste clandestin
sacre la matière
Au fond de la solitude
cet orfèvre descend
Il mérite la quiétude
rebelle à l’argent
Un trafiquant de conscience
marchande l’idylle
L’artiste perd l’élégance
de ruiner l’utile
L’argent se nourrit à crédit
chez son contemporain
Vie et mort sont les mélodies
de l’éternel refrain
L’appât du gain enracine
un cœur influencé
Il plonge dans la routine
garante du succès
Consommé par la richesse
il brûle sa fierté
Ses scrupules disparaissent
il accroît ses regrets
L’ordre du monde sanctionne
l’argent ordinaire
Le mercenaire se donne
à la mort vulgaire
L’argent se nourrit à crédit
chez son contemporain
Vie et mort sont les mélodies
de l’éternel refrain
Ce cadavre est la graine
d’un trésor animé
Une racine s’enchaîne
au passé enterré
Tout l’or du monde circule
caché dans la sève
Au rythme d’une formule
un arbre s’élève
Sur les branches souveraines
brillent des pépites
L’argent a gagné sans peine
une vie gratuite
*
LA DANSE
La danse enflamme le vent
des gestes irréels
Le silence en mouvement
sculpte un modèle
Sur une plaine infinie
un corps vit en suspend
Il attend d’être recueilli
par la force du vent
Ses muscles nagent sur terre
versés dans la masse
Corrigée par l’éphémère
la pensée s’efface
Le ciel alors s’épanouit
les prévisions cessent
Un nuage s’évanouit
le danseur se dresse
La danse enflamme le vent
des gestes irréels
Le silence en mouvement
sculpte un modèle
Un marcheur s’ajuste à l’air
le premier pas est dit
Pour s’envoler de la sphère
une danse suffit
Le courant d’air inspirateur
rythme l’inattendu
La nature chante en cœur
le trajet imprévu
Un acrobate virevolte
à l’ombre du vide
Avec son corps désinvolte
il lâche la bride
La danse enflamme le vent
des gestes irréels
Le silence en mouvement
sculpte un modèle
La vibration est accrochée
un danseur circule
La marionnette est lâchée
le cœur s’articule
Un ballet de chastes ondes
chante l’impossible
La vie et l’air se confondent
dans l’un invisible
La gestuelle palette
réunit tous les arts
Musiciens peintres poètes
dansent en fanfare
La danse enflamme le vent
des gestes irréels
Le silence en mouvement
sculpte un modèle
Après l’extatique fête
l’euphorie s’impose
Dans la plaine satisfaite
le calme explose
L’homme aux gestes captivants
a livré son charme
Avec la retraite du vent
son art rend les armes
Le grand frisson de l’univers
pétrifie le danseur
Dans son corps il a découvert
la pierre du bonheur
LE DEPART
Selon l’éternel mouvement
demain sera trop tard
Maintenant est le seul moment
pour prendre le départ
Dans l’action définitive
un destin est partant
Sa rare initiative
est survenue à temps
Un corps exalté dévaste
chaque muscle surpris
Lors du départ enthousiaste
tout le savoir est pris
Cette décision sérieuse
produit la fracture
Une rigueur merveilleuse
guide l’aventure
Selon l’éternel mouvement
demain sera trop tard
Maintenant est le seul moment
pour prendre le départ
Sur l’ordinaire endormi
la porte est claquée
L’ailleurs célèbre l’insoumis
sa vie est embarquée
Dehors la joie prend son élan
la peur jouit à l’envers
L’ignorance de cet enfant
accueille l’univers
L’ombre et le crépuscule
sont unis un instant
Le jour et la nuit se brûlent
l’éclair est triomphant
Selon l’éternel mouvement
demain sera trop tard
Maintenant est le seul moment
pour prendre le départ
Parti pour ne plus revenir
l’histoire s’obstine
Sans douleur ni plaisir
l’émotion culmine
Une femme prend le départ
sur la même ligne
L’homme adepte du hasard
reconnaît un signe
La passion pousse la tête
vers le sacrifice
Les courses folles s’arrêtent
dans le précipice
Selon l’éternel mouvement
demain sera trop tard
Maintenant est le seul moment
pour prendre le départ
Deux hôtes de l’habitude
s’endorment sous un toit
Au fond d’une lassitude
la chute fait la loi
L’origine se répète
le rythme est perçu
Sans victoire ni défaite
arrive le début
Les compagnons remplis d’entrain
enfin se séparent
A l’appel du juste refrain
chacun prend le départ
LES ENFANTS
L’homme trouve son enfance
à l’âge de raison
Une brise de jouvence
dégage l’horizon
Un vieillard irrésistible
aborde un enfant
Lors du rendez-vous terrible
le jeu est triomphant
Au cœur de la fraternité
la loi est prohibée
A coups de pierres répétées
les vitres vont tomber
Au génocide innocent
l’adulte se soumet
Deux gamins désobéissants
ont conquis un sommet
L’homme trouve son enfance
à l’âge de raison
Une brise de jouvence
dégage l’horizon
Dans le pays des merveilles
les carreaux sont cassés
Le vieillard et l’enfant veillent
au désordre sensé
Une terre féerique
accueille les héros
Les vitrines domestiques
forment des minéraux
Dans les asiles délivrés
l’air jubile partout
La population enivrée
a ouvert le verrou
L’homme trouve son enfance
à l’âge de raison
Une brise de jouvence
dégage l’horizon
La ville guérie ennoblit
l’action sacrilège
Le grand et le petit ont fini
leur tour de manège
Une géniale régression
crée le jumelage
L’inédite génération
invente un âge
Les enfants s’épanouissent
sans foi ni loi ni moi
Le vieux et le jeune glissent
sur une même voie
L’homme trouve son enfance
à l’âge de raison
Une brise de jouvence
dégage l’horizon
Les cœurs enthousiastes battent
à la même hauteur
La séparation éclate
à la juste heure
Les beaux joueurs s’aventurent
dans le monde libre
Leur sagesse immature
maintient l’équilibre
Le jeu révèle la règle
l’amitié est signée
Mon histoire se dérègle
les enfants ont gagné
LE HASART
Chaque jour chante un refrain
pourquoi prévoir demain
Le hasart joue comme il veut
la vie est un grand jeu
Au centre de la surprise
le rendez-vous est prit
Deux inconnus sympathisent
l’essentiel est compris
L’heureux accident affronte
le fatal lendemain
Le hasart de la rencontre
dirige les destins
Au carrefour des trajectoires
rayonne la chance
Dans la nouvelle histoire
le présent s’élance
Chaque jour chante un refrain
pourquoi prévoir demain
Le hasart joue comme il veut
la vie est un grand jeu
Les corps enchantés par l’instant
tiennent leur promesse
Ils ressuscitent un printemps
avec des caresses
Un regard démasque le mot
la peur s’évanouit
Le baiser répond aussitôt
au silence séduit
Ils tendent la vie fragile
vers la même cible
L’air est saisit immobile
l’accord est possible
Chaque jour chante un refrain
pourquoi prévoir demain
Le hasart joue comme il veut
la vie est un grand jeu
L’escapade est endormie
dans la nuit complice
Les habits tombés dans l’oubli
fournissent l’indice
La trace du jeu innocent
ouvre le passage
Avec le soleil renaissant
partent deux nuages
Le hasart amusé chasse
la liaison profonde
Cette passade retrace
la voie vagabonde
Chaque jour chante un refrain
pourquoi prévoir demain
Le hasart joue comme il veut
la vie est un grand jeu
La valeur d’un seul poème
sépare les amis
La discipline bohème
s’exerce à l’envi
L’aventure recommence
partout et nulle part
Chacun dirige l’errance
selon la loi de l’art
S’ils viennent à l’écoute
cette chanson vivra
Au bénéfice du doute
le hasard choisira