À Faiza, mon amie d’ailleurs
De son Algérie
Elle enchante les mots et les mots lui répondent
Elle envoûte les sons et les sons se prosternent
Elle endeuille et fait pleurer
Elle extasie et étincelle
Animaux et objets lui font la cour
À tire d’eux, à tire-d’elle
Si son pays crie, elle hurle avec lui
S’il est beau, elle psalmodie les dires
Venus des douars, des oueds et des souks
Elle sait lire le ciel et ce qui en découle
Les yeux fermés les larmes qui roulent
Les bonheurs surpris
Car son pas est de miel ou de crépuscule
Bol de douceur… ondée de frayeur?
Elle est force émouvante, dure et douce à la fois
Reine et libre, femme et vraie
Battements d’ailes, envolées insensées
Phrases qui s’allongent et planent
Respiration plus légère que vent inventé
Pourquoi cacher le désert puisque le sable y joue
Pourquoi taire une fantasmagorie
Âpre et belle à la voix
Flore et faune obéissent à son vers, celui dont elle assure qu’il fuit
Et qu’il est nu
Non, il est tout près, ne cherche plus
Il estici, petite fée,nous l’avons
bu
Ghislaine Lavoie