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Poèmes Épars, Le site.

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Ce blog recueille les activités des membres de Poèmes Épars ainsi que celles de nombreux intervenants, collaborateurs et amis, au programme : Art, Culture, Poésie, Littérature, Peinture, Photographie, Sculpture, Musique, Politique ...


Au-delà des frontières...Sylvia SCHNEIDER

Publié par POEMES_EPARS sur 3 Avril 2023, 16:32pm

Au-delà des frontières

 

Sylvia SCHNEIDER

 

Dans les ruelles labyrinthiques de Buenos Aires, je m'égare à la manière des personnages de Borges. Un livre dans le livre où les ombres noires des danseurs de tango se détachent sur les façades blanches réchauffées au soleil. Arpentant les mots, capturant les paysages. Pays sage aux immensités infinies jusqu'aux confins de la Patagonie. L'Argentine aux sonorités enfantines ouvre les avenues du rêve dans un corps à cœur endiablé. Et mon esprit s'égare sur les " et si " du récit que je mets en bouteille, jetés à la mer de mes désirs, une rose rouge entre les dents, le corps cabré, rejeté en arrière...

Les corps souriants des étudiants qui se réfugient dans la joie à l'abri du temple de la Cité interdite avec le contact humide des peaux mouillées. Les perles de pluie entre les rires et puis il y a l'attente, le son des éclairs assourdissants, la menace de la foudre et l'eau qui monde tout autour. Des torrents se forment, les corps se rapprochent. Au loin une senteur de fin du monde. Les coiffes des étudiants diplômés ruissellent. Les voyageurs s'impatientent, les autochtones sourient. Quelques heures plus tard, les capes de pluie arrivent enfin ; c'est la cohue vers les plastiques salvateurs. Le rouge et l'or se détachent des autels, du plafond, des robes en soie des jeunes filles au teint blanchi. Un parfum de poudre de riz flotte encore dans les mémoires.

Et de fil en aiguille glisser sur les patins lustrés de la chambre d'ambre. Souvenir d'une promenade hivernale le long de la forteresse Pierre-et-Paul avec ces corps rougis d'hommes en maillots blancs collés sur les contreforts chauffés au soleil. L'eau devient le fil conducteur des mots à la dérive ; et la vision des canaux des décadents de Bruges-la-morte et de mort à Venise glissant silencieusement dans le sillage de la Cinquième Rêverie de Mahler. Sombrer doucement sous le flot des mots cachés sous le papier. Ponctuer, respirer, reprendre à la virgule, le fil du récit majuscule.

Que reste-t-il des tâches noires des signes encrés ?

AUTOPORTRAIT A LA PISCINE

 

Au-delà des frontières...Sylvia SCHNEIDER
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