VÄRLIG DE LA SURIVANCE A LA SUR-VIE
Värlig tente de voir dans le noir. En son enfance elle n'habitait pas la vie mais la mort. La mort qu’on lui donnait. C’est pourquoi ses exigences poétiques paraîtront à certains maladroites sous prétexte qu’elles sont paroxysmiques. Le besoin d’absolu passe non seulement par le mental mais le corps, avec en ligne de mire la sexualité, son enfer, son miracle lorsqu’il se fait langage Peu de poètes assume leur chair. Mais devant la pitoyable comédie de l'amour que propose la poésie tout venant Värlig se dresse. Sa poésie s’érige face à ce qu'elle estime être un infantilisme sénile et les zézaiements de trop de laïus. L’auteure par son prétendu cynisme, ses feintes de « perversion » n’est plus que cri contre la « sensualité castrée » qui nourrit ses sursauts de rage et « les larmes coulées dans une onde froide ».
Sa position de femme ramena la future poétesse à la clôture, au statut la condamnée, à un vertige angoissant là où au sein du passage espéré rien n’était possible. Peu à peu elle a franchi bien des frontières, elle a changé de corps, de lieu, de temps. Elle a appris à toucher au plaisir, à la jouissance. Et ce au prix d’une force afin que la voyageuse de l’existence n’emmène plus avec elle les bagages culturels qui l’enfermèrent - dans une morale fait par l’homme et pour lui - en un lieu de réclusion.
Värlig entre autre par la musique (pas n’importe laquelle) s’est retiré du corps de pécheresse qu’on lui faisait porter pour son corps « futuriste ». Elle y accomplit une avancée vers quelque chose qui n’a plus rien à voir avec un charme mais avec un dépouillement. A son étrangeté éruptive, à son attrait volcanique répond un retournement des et de sens. Voire plus. Ce franchissement permet à l’inconscient qui habituellement ne connaît pas la traversée des frontières d’être mis en connexion avec ce qui le dérange. L’éternel traître est pris à revers à coup de bombe que chaque mot de l’auteure lui adresse. Et ce, même si le mal a été fait comme le traduit par la pudeur de l’anglais, les textes écrits dans cette langue : « My Boy », ou « Future Crash ».
La poésie offre soudain non ce qu’elle permet généralement : à savoir une jouissance. Ici et à l’inverse s’ouvre un retournement des choses. Mais à l’âcreté et l’amertume qui désagrègerait la possibilité du futur Värlig répond par la violence des mots. Ils luttent contre la violence héritée de l’Histoire. L’écriture désaxe les assises, les sécurités, les désirs normalisés car au cœur de l’enfermement premier s’est entamé un franchissement que le cri de l’écriture contribue à signifier dans un lyrisme brut. C’est le cri nu de la femme « sans âge » et spoliée de son essence comme de son existence qui peut aller de la vie à la mort, de la mort à la vie du désir presque au-delà de ses forces pour s’extraire (et nous avec) de la pure illusion et de la simple transgression.
La réalité n’est plus noyée dans le fantasme de l'amour rose. La femme ne peut plus se suffire de la propre délimitation, du ghetto où on l’enferme. Elle n’est plus la victime consentante même si l’amour telle qu’elle conçoit se réduit depuis toujours. « V. Vibe » est donc le livre sans appel, il est à lui-même sa nécessité. C’est un acte essentiel. La frontière n’existe plus entre le dehors et de dedans ni même entre le dedans et sa propre résistance. Il fait reculer le passé pour un futur malgré tout espéré même si sa ligne d’horizon est - par définition - inatteignable. Reste cet espace où les pulsions règlent les comptes du sujet, de son désir et de son refoulement. Le livre de Värlig n’est donc ni un leurre ni une jouissance mais la poussée capitale. S’y inscrivent des gerbes divergentes de sens en une confrontation avec l’Autre. Non seulement la femme mais la condamnée.
S’inscrit un déchirement. Une étrange proximité et un éloignement. Proximité communicante - presque communiante - mais éloignement de ce qu’habituellement on attend du rapprochement, de la fusion. Tout retient, tout échappe. A notre tour nous sommes seuls dans l'inavouable communauté de Värlig. Nous en devenons partie prenante. Nous restons en expectative, dans l’espoir d’une levée d'écrous loin de tout fantasme du corps perdu au moment où celui de Värlig redevient langage, matière vivante de l’appel à la souffrance à celui de la jouissance. L’auteur reste ainsi en équilibre au-dessus du vide. Là où l’image de la « sainte » qu’on veut faire jouer à la femme devient une pure perte. Surgit pour la remplacer la pure émergence par la « folie » de l’écriture. En elle l’auteure possède encore des nerfs, des viscères, des vaisseaux, de la chair et des os. Son désespoir s’alimente paradoxalement de leur énergie. Il n’est plus question de paroles. Le génie de Värlig est ailleurs. Elle n'a jamais confondu les mots et les vécus, les morts et les vivants. Il n’est plus seulement question de survie mais de sur-vie.
J-Paul Gavard-Perret
VÄRLIG
vous propose son premier livre...
V. VIBE
Värlig née sur Terre a écrit... V. Vibe ! À travers ces pages, ses textes et ses chansons, téléportez-vous pour le meilleur dans l'Univers enchanteur et Céleste de cette auteure. De belles chansons en anglais et des poèmes fulgurants en français qui vous feront vibrer, soyons-en certains. Vous voyagerez d'un univers à l'autre, sous la calame délicate de l'auteure. Nous sommes des mutants, découvrez cette mutante en mutation qui vous donnera faveur d'une téléportation féérique dans son monde Intergalactique.
Ivan Watelle.
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