Sylvia Plath “Poems carefully chosen by the publisher”, Editions Derrière la salle de bains, Rouen, 2014, 6 E.
Dans la poésie de Sylvia Plath une à une tombent les briques du temps, sans espoir, sans illusions. Désencombrés des écorces lyriques les poèmes offrent des rendez-vous autres que galants aux enfants de la mer et de la terre. Un amenuisement de lumière cerne la survie dans des déserts de givre. Corps et coeurs s'y entrechoquent sans vraiment surseoir à la nuit. Reste une cohérence défaite. Le verbe est absorbé par la chair harcelée de hauts fouillis, de grains mats et silencieux. D’ultimes lignes de force aimantent la quête éperdue de l’autre. Elle devient sans objet car épuisée. A qui se perd comme Sylvia Plath nul chemin est consenti. Reste le peu : il murmure autour des volières du cœur. La poétesse y psalmodie son savoir en toute intime connaissance, évide l'intérieur de sa pierre pour en faire un calice. Sa rose de personne a bouclé tous les déserts. Reste son visage caché dans le drap du poème. Il se plisse de piquants de vagues crêtes et s'abandonnent aux roulis des antiques marées de la mémoire.
Jean-Paul Gavard-Perret.