DE LA NAINE JAUNE A LA GEANTE ROUGE. Pierre ANDRE
Lorsque dans les temps anciens
Je glissais lentement sur le flux éternel des eaux célestes,
Je ne me sentis plus guidé et suivi par l' armée des dieux secondaires de la nuit
Aux peintures bizarres dansant nus sur des rivages lugubres .
Un être à la tête de faucon dont les yeux se confondent avec l'horizon
Debout à l'avant, sondait le lointain du regard
Prêt à signaler l'Ennemi fondamental
La violence et le chaos
Et à le percer de sa lance
Un autre était au gouvernail
Et donnait ses ordres aux rameurs de l'espace.
Ceux qui jamais n'endurent l'inertie de la mort,
Ceux qui jamais ne sont détruits,
Armés de longues rames rouges au bout carré
Ils manoeuvraient la barque sacrée à la coque noire
Et la maintenaient au fil de l'eau.
Ils ramaient dur ces nautoniers héros des ténèbres.
Le voici, le sublime
C'est lui qui arrive à l'horizon oriental.
Le voici qui se dégage lentement des étreintes de la nuit.
Il ne fait que pointer vers le ciel.
Ses rayons vivants qui peu à peu se déploient
Avant de pénétrer, animer et fortifier le vivant.
Debout dans la cabine de sa barque depuis des millions d'années,
Enveloppé dans les replis de l'aube
Accompagné par le chant sourd des rameurs qui ne peut s'entendre.
Soudain la lumière s'intensifie dans le ciel
Il apparaît dans sa splendeur
Telle une explosion silencieuse.
On ne peut qu' adorer et contempler sa forme sainte
Toi qui a parcouru le chemin de l'obscurité
Et qui revient encore ce jour après avoir renversé les puissance de l'ombre.
Tu entends ceux qui t'attendent et t'acclament en bienfaiteur
Leur coeur est en allégresse.
Toi le resplendissant , le flamboyant , l'inouïe.
Tu t'élèves à nos yeux toi qui vit depuis les origines de l'univers
Et qui a chauffé la face des quatre-vingt milliards hommes
Depuis les premiers sapiens.
Par Aristarque de Samos, seuls les initiés savent
Qu'on émerge à toi, oh l'immobile! Qui tourne sur lui même au sein de sa galaxie
Entouré de ton harem lactée de quatre cent milliard d'étoiles.
Toi l'étoile naine jaune qui ne cessent de vouloir devenir géante
Vieille de quatre milliards cinq cent soixante dix mille ans.
Durant les sept milliards six cent milles ans à venir,
Tu t'épuiseras et petit à petit tes réserves d’ hydrogène disparaîtront
Ta brillance augmentera d’environ 7 % par milliard d’années,
Suite à l'augmentation du rythme des réactions de fusion
Par la lente contraction de ton cœur.
A l'âge de douze milliards d’années
L’équilibre hydrostatique sera rompu.
Ton noyau se contractera et s'échauffera fortement
Les couches superficielles, dilatées par le flux thermique croissant
Partiellement libérées de l’effet gravitationnel,
Seront progressivement repoussées
Tu te dilateras et te transformeras en géante rouge.
Au final ton diamètre sera environ cent fois supérieur à celui présent;
Il dépassera l’orbite de Mercure et de Vénus.
La Terre, si elle subsiste encore, ne sera plus qu’un désert calciné.
Tu te lèves beau dans l'horizon du ciel,
Soleil vivant, qui vis depuis l'origine...
Tu as rempli tout pays de ta beauté.
Toi qui es Râ, tu les soumets tout entiers,
Tu les lies de ton amour.
Tu es loin, mais tes rayons sont sur la terre.
Tu es sur le visage des hommes,
Et l'on ne connaît pas tes venues.