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Poèmes Épars, Le site.

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Ce blog recueille les activités des membres de Poèmes Épars ainsi que celles de nombreux intervenants, collaborateurs et amis, au programme : Art, Culture, Poésie, Littérature, Peinture, Photographie, Sculpture, Musique, Politique ...


Les poèmes sont rimbaldiens de Benoist Magnat, octobre 2014

Publié par POEMES_EPARS sur 30 Septembre 2014, 19:13pm

Catégories : #ECRITURE ou LIVRES


  magnat1.jpg

de Benoist Magnat

octobre 2014

 

magnat2.jpg
 

La descente des eaux

 Le toboggan des montagnes

La découverte de l'infini

ou bleu marine

 

Je descends les rivières agitées

par le flot continu des glaciers

Des hippies nus dans leurs bassins

remuent l'eau claire avec leurs sexes d'un coup de rein

 

Je me soucie peu des halages fluviaux

qui disparaissent sous les herbes hautes

pendant que la mélancolie des vieux

harponnent les poissons aux queues argentées

 

Je jette aux lacs en chapelet

mes vieilles frusques déchirées

Arrivé à la mer comme une eau douce

je lave mes plaies de couleur

 

Des enfants dodus de vacances

regardent les bateaux blancs de plaisance

Ils mâchent les tiges d'herbe

en attendant les goûters de leurs mères laiteuses

 

Quand la tempête sonne le rivage

d'étranges bois qui sentent le naufrage

marchent  à reculons sur la plage

pendant que les galets arrondissent leur fin de mois

 

Je nage enfin dans les vagues douces

des enfants émerveillés du grand large

Les algues vertes recouvrent mes membres

comme un espoir délaissé pour vivre de rage

 

Baigné jusqu'à la tête de poèmes

j'abandonne au loin les mots sages

pour attaquer les rochers plein d'assurance

et balloter des vers encanaillés en nourriture aux poissons

 

Les délires bleutés de souffrance

le rougeoiement des arbres d'automne

et le scintillement des étoiles aux nuits noires

s'évertuent à remonter la pente

 

Je vais crever les yeux des éclairs

courber les bras des nuages blancs

et sur le soleil jeter des pierres infinies

jusqu'au sommeil des montagnes érigées

 

Benoist   Magnat

écrit septembre 2014

magnat3.jpg 

 

poèmes événementiels et militants écrits par Benoist Magnat à l'université d'Utopia fin septembre2014

l'un sur le climat et l'autre sur la non violence

 

poème sur le climat

 

"Atmosphère, Atmosphère"

- Vous voulez parlez du climat, ma chère

Ah je sais, il se dérègle actuellement

Typhons, inondations, cyclones, sécheresse

tout ça à cause de l'anthroposcène

" Anthropocène, anthropocène"

mais c'est un mot obscène

c'est comme la pollution, l'obsolescence des objets quotidiens

et le trou d'ozone

 

Il paraît que le climat va se réchauffer de 2° degré prochainement

et bientôt de 4° si l'on ne fait rien

"Chouette, chouette"

on va pouvoir se baigner plus longtemps, bronzer jusqu'en hiver

manger des glaces toute l'année

 

Un grand silence

 

- Vous ne trouvez pas ma chère que le climat se réchauffe entre nous ?

- Oh oui mon cher

"Pollution atmosphérique, Pollution atmosphérique"

- mais non, combat contre le dérèglement climatique ma chère

- Et maintenant, si nous allions collectiviser notre libéralisme existentiel

qu'est-ce que vous en pensez ?

- Oh oui ma chair, pardon ma chère

 

poème sur  la non-violence


La poésie

c'est comme la boucherie

ça hache la viande ou ça mâche les mots

 

Je n'aime pas les guerres de notre président sans dents

dans mon temps j'ai fait de la tôle pour ne pas apprendre à tuer

dans mon temps j'avais toutes mes dents

maintenant je mets une couronne pour voter au présidentiel

maintenant je mets des implants pour ne pas paraître pauvre

et je mâche mes mots pour dire de la purée

et je hache mon sexe pour paraître non-violent

mais j'ai les boules profondes qui rentrent en moi

comme des drones armés de mots arrêtés ou de silence

 

Je n'aime pas la guerre car je suis encore puceau

je n'ai encore jamais tué sauf des fourmis et des frelons

je mange la mort tous les jours de ma vie

je mange des images de télévision qui la donne en direct

je renifle les bombes nucléaires qui éclairent nos cimetières

je sens que je deviens con comme vous Monsieur le Président

A la fin vous allez mourir comme nous tous

mais vous et quelques autres avec la mort entre les dents

 

Devenir non-violent, serait-ce trop vous demander monsieur le président

puisque vous êtes la maître des armées

vous le machiste qui serrez vos fesses sur votre scooter

vous le capitaliste qui tuez les pauvres à petit feu

vous le moins que rien de l'écologie, de la France le boutiquier

Rejoins-nous dans l'Utopie

car c'est la seule vie

et la poésie dans tout ça

c'est comme la boucherie

ça mâche ou ça hache

 

Benoist Magnat

 

 

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…l'extrême bord de

les marges du cahier

les contours d’un visage

la côte et l’océan

l’arête d’un précipice

le sommet d’une montagne

l’horizon impossible

une clarté dans les yeux

quelques étoiles filantes

un malade souriant

une maladie vaincue

les mots qu’on ose cœur

les mains qu’on ose corps

le parfum d’une fleur

la saveur d’un fruit

le sourire d’un passant

la beauté d’un poème

le silence d’un ami

le soleil à l’aurore

la pluie sur ma peau

la foudre qui me prend corps

tes doigts entre mes doigts

alentour ce qui nous est

qu’on entoure et que nous sommes

la peur combattue

et la peur vaincue

un train quittant une gare

un navire le port

le désert sans fin

où chaque pas sans fin

nos rêves où ce rêve

dont nous sommes le corps

ton corps près du mien

ton cœur où le mien

l’enfance à portée d’ailes

les ombres sans morsure

le sang libre du sang

la neige et ses étoiles

le feu qui tout transforme

le vertige sans dehors

l’ivresse sans dedans

l’amour quelques fois

l’amour à chaque instant

ce qui donne de l’espoir

sans l’abîme d’une croyance

l’ami qui se relève

et qui fait de ses pleurs

l’océan nous irons

les îles enchantées

nous sommes l’extrême de

ce bord qui nous est

la peau où nos vertiges

la peau où nos ivresses

luc-andré rey

bruxelles

14 septembre 2014

- à l'extrême bord de -

 

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« Ah la saison des hommes !

l’être humain est-il vraiment un fruit de la nature ?

qu’ils aient la peau noire brune blanche jaune ou rouge

ou brûlée par les U.V.
les hommes sont
pour la plupart
devenus
hommes de profit
(…)

la magie la plus noire
est celle de l’homme blanc
car la magie du profit destructeur
a envahi ce monde multicolore »

Jigmé Thrinlé Gyatso

 

 

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ADORMECIENDO ESTRELLAS

 

tú nadas mi piel

y en cada beso

da un paso el amanecer.

Ven...

Ven...

Caminemos esta noche

que

cuando sean vencidas las estrellas

seguirán flotando

los murmullos silentes

que se amortiguan,

los sonidos de tu aliento

y esta locura

de ser en tu ser.

Ven...

...Amor...

Así...Así...

Ven...

 

EN ASSOUPISSANT DES ÉTOILES

 

tu nages ma peau 

et dans chaque baiser l'aube donne un pas. 

Viens... Viens... 

Marchons cette nuit, 

quand les étoiles seront vaincues 

les murmures continueront de flotter silencieusement, 

les sons de ta respiration 

et de cette folie d'être chez ton être. 

Viens ......

Amour... 

Ainsi... Ainsi...

Viens...

Hilda Augusta Schiavoni

 

magnat7.jpg

 

 

Rouge et Noir

 

Sur le chemin des jardins

J’ai cueilli, ce matin,

une rose rouge près des ronces noircies

De baies foisonnantes.

 

La rose , je l’ai mise,

Sur le décolleté de ma chemise

Son épine toute fine

A égratigné ma poitrine

 

Juste à la place du cœur

Sans aucune rancœur

Naquit une étoile sanguine

 

Les mûres, me furent offertes

par un cueilleur de confiture

 

Mes lèvres au noir se mirent

Rouge et noir se lièrent

Dans  un baiser, en toute liberté,

vers vous, s’envolèrent !

 

Montlaur le 27 août 2014

nicolle ragot

 

 

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Odeur de fleur

Odeur de fleur ce matin sur la table :
dans la vie suspendue seul transport est l’amour —
transport d’amour

oui : comme un camion qui vous fait sortir
de cette grande pièce endormie et vous jette
directement dans le bruit dans le cœur

cœur de l’agitation où ce qu’on touche
n’est rien de plus qu’un instant du passé
— après tout rien de plus

mais cet instant est cœur du monde :
touchant l’instant où enfin je te vis
— où j’ouvris l’œil, mon amour, sur l’amour :

ceci n’est que ma vie, prise en un point,
se regardant, regardant rien, peut-être pas même toi,
qui seulement étais là, à ce moment-là,

Et pourtant ce matin avec l’odeur de fleur
portant comme la musique jusque-là où la vie
est venue, et bat : d’un coup

je suis dans les batailles, dans les grands espaces,
là où tout se décide, et tout change,
remue-ménage d’étoiles, pactes, départs,

gros moteurs vrombissant dans l’après-midi;
je vois les têtes, et aussi les queues
de toutes sortes de grands animaux,

je vois les sexes, et cette brûlure :
tout s’éclaire un instant, brûle et brille,
dort-elle ?
____________Sortons à présent, allons dans la ville,

avec toi, avec toi, trésor imperceptible

 

In Petits éléments de physique amoureuse © L’infini / Gallimard, 1991

Jacqueline Risset

 

magnat9.jpg

 

  Chemin d’errance


J’ai poussé la poésie à ses petits bouts de bonheur


la nuit où j’ai porté la voix du poème


sur mon dos.

 

J’ai entendu dans ton sommeil


tes hurlements quand le soleil s’est élevé


sur les crêtes du corps disparu.


Je sais le paysan qui soigne la terre


et les couleurs vives qui m'ont nourrie.


J'ai embrassé le soleil


et j'ai surpris debout les blés


faisant l'amour…


Mes battements du cœur


suspendus à ton horloge


ont écouté ta voix.


Parle-moi de cette colline lointaine


qui ne dirait pas son nom !


Ma mémoire morte nourrit les feuillages


et nous cendres,


avons vu la danse du cygne…


j'ai osé suspendre, entre deux lacs,


sur le chemin de l’errance,


l’aveugle discours.


Ce que j’ai peine à raconter.


Ce que l’émotion la plus forte,


à provoqué en moi.


Note singulière noyée dans le chagrin.


C’est ici et maintenant que se joue le verbe,


dans une ultime déraison, je touche son nom.


D'où je viens,


la brise du matin est une évidence.


La musique est noble et atteint des hauteurs


que seule l’ivresse ou la langue peuvent approcher.


S'élargissent les mots, les pleurs et la censure.


Aurions-nous tort de croire au seul pouvoir des mots ?

 

Jamila ABITAR

 

 

 

 

Automne

 

Dans le brouillard s’en vont un paysan cagneux
Et son boeuf lentement dans le brouillard d’automne
Qui cache les hameaux pauvres et vergogneux

 

Et s’en allant là-bas le paysan chantonne
Une chanson d’amour et d’infidélité
Qui parle d’une bague et d’un coeur que l’on brise

 

Oh! l’automne l’automne a fait mourir l’été
Dans le brouillard s’en vont deux silhouettes grises

 

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

 

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Résurrection

 

 

 

Que sera la vie

dans le prochain millénaire

combien tu me manques

il semble que l'amour est absent

les hommes n’identifie pas

le sourire ….le bonjour

et pourquoi?

Peur de l'amour

Qui peint les murs

mes yeux presque ouverts te cherchent

la chambre dans l’obscurité,

chemises désordonnées

 Les nouvelles disent :

 le train  a déraillé dans la gare

cette avenue sera  inondée

le bus est entré en collision

et j'étais à l'intérieur

personne ne s’aidait

et pourquoi?

Au temps de la lumière,

des  âmes ouvertes

et l'humanité endormie

  Que sera la vie

dans le prochain millénaire

si  tu ne me donnes toujours pas la main,

 je cherche mes chaussures

pour marcher avec toi

vers l'arrière

Les couchers du soleil de l’amour

 

Les colombes en liberté à l’horizon

les aiguilles du temps

m’indiquent cinq heures moins dix

et tu me manques

Que se passera-t-il dans le silence des décennies

Si tu continues encore de me manquer ?

 

 Susana Roberts- , Argentine

 

 

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deux beaux avions modernes
dans le ciel
de la balance commerciale
 
deux beaux avions de la croissance
et de la connaissance
dans le ciel
toujours bleu
du Croissant qui fut fertile
 
deux beaux avions de l'emploi
avec à bord
un seul homme
deux moteurs
des bombes
 
beaux
les avions ont des lignes
d'oiseau
de bateau
d'espadon
une tête
de requin
 
une puissance folle
trois fois
le plein
de milliers de litres
en cinq heures
 
chaque quart d’heure
dans la chaleur
brûler
la chauffe
de cinq mois
et quatre personnes
des terres froides
d’ici
 
un tueur moderne
d’ici
dans chaque avion
un tueur libre
électeur libre
d’ici
son droit de vote
en poche
aux heures de bureau
s'en va tuer
des tueurs arriérés
féodaux
fanatiques
enfoulardés
 
guerre de la modernité
contre le passé
guerre du bien et du mal
d'aujourd'hui
contre le bien et le mal
d'hier
 
le tueur éduqué
diplômé
discipliné
propre sur lui
dans l'azur
chevauche ses moteurs
à réaction
largue ses bombes
radioguidées
sur les tueurs
à l'ancienne
sanguinaires
sales
dans la poussière
du désert
 
GPS satellites
 
chèvres et enfants
victimes accessoires
détail bétail
rançon du progrès
otages du progrès
décapités
par le progrès
sans réaction
 
on n'arrête pas le progrès
 
le tueur propre
exsangue
court au chômage
car pourquoi parce que
ra dio gui da ge
uni ver sel
 
le progrès
sans réaction
 
il n'y aura plus personne
plus de tueur
dans les avions tueurs
 
les tueurs seront
ailleurs
 
les tueurs
sont
ailleurs

Leboutte Guy

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