KANT dissocie vertu et bonheur :
la vertu ne produit pas le bonheur,
ainsi que le croyaient les stoïciens.
Cependant, la vertu sans le bonheur choque la conscience morale.
le souverain bien, c'est l'union du bonheur et de la vertu,
et puisque la loi morale exige que l'homme vertueux,
soit effectivement heureux,
il faut postuler l'existence d'un Dieu juste accordant
le bonheur à ceux qui sont vertueux.
Ainsi, l'existence de Dieu est-elle pratiquement moralement nécessaire, bien que théoriquement indémontrable.
Le bonheur selon SCHOPENHAUER,
disciple critique de KANT, n'est jamais positif :
il n'est que le résultat de la suppression de la douleur qui provient de l'aveugle désir de vivre.
Dans ses échanges avec Jean LACROIX
le philosophe personnaliste chrétien en 1981,
Emmanuel LEVINAS a insisté entre la différence
entre besoin et désir.
Le besoin peut-être momentanément satisfait,
le désir que le désirable creuse,
nourrit toujours de nouvelles faims.
Pour une certaine conception du bouddhisme hinayana,
il faut arriver par les austérités et l'introspection
à l'extinction des désirs et pour le bouddhisme orthodoxe
issu du Mahayana, les désirs mènent à l'illumination,
si l'on en oriente le sens.
L'importance du noble dessein de Nations Unies des lettres
est par la littérature et l'art de concilier besoin et désir !
Le monde a besoin d'humanité,
le poète et le philosophe, l'auteur de roman,
de nouvelles ou autre, crée par l'esprit, réalise par la main,
et est soutenu par l'ouverture de son cœur;
dans toute projection sur une feuille et même par la saisie
de son ordinateur, l'auteur livre une partie de son essence;
il irrigue les mots de sa spiritualité,
et il exprime une énergie manifestée.
L'humanité en quête de sens en ces périodes troublées
a besoin du repère de réflexions, d'images,
de la beauté de sons permettant la symbiose entre des corps
et des cœurs différents.
L'écriture et l'art ont un pouvoir de synthèse qui relie.
Le désir, se nourrit de l'espérance.
Dans ce monde tourmenté, qui mieux que les poètes,
dénonce l'arbitraire, entretient l'espoir, magnifie les mots,
donne de la musicalité à notre esprit,
renforce l'empathie, ouvre de nouveaux horizons ??
Oui, n'en déplaise aux gestionnaires binaires
qui ont conduit le monde où il est :
celui impersonnel du marché tout puissant:
sans concorde, et sans miséricorde, de la bourse fluctuante
qui nourrit l'avidité, rend illusoire le virtuel,
encourage les ambitions au pouvoir,
la poésie contemporaine, l'écriture en vers et en prose,
nourries par l'humanisme, ont encore beaucoup à nous dire.
Ceci car celles et ceux qui entretiennent la vigueur
de l'esprit ,perpétuent les émotions,
pratiquent l'éloquence et la saveur des mots,
font œuvre de perpétuation à l'histoire du genre humain
du testament spirituel et littéraire de la noblesse humaine.
Hommage : à Nations Unies des lettres.
Copyright Guy CREQUIE
Ecrivain français à finalité philosophique
Ecrit rapidement entre 2 enregistrements musicaux. Concernant le désir contemporain : ceci demanderait plus de développement.