A PROPOS DES NOUVELLES FORMES
D’EXPRESSION SOCIALE ?
Après les indignés, le mouvement contre le
mariage pour tous, et l’apparition de mouvements
sporadiques régionaux ou catégoriels, comme les
bonnets rouges en Bretagne; regroupant des
milliers de personnes qui peuvent être pacifiques
ou violents, mais qui surtout : se situent en
dehors du champ politique et syndical habituel du
point de vue de la conduite du mouvement, de
nombreux observateurs, expriment leurs craintes
ou interpellations s’agissant de l’avenir de la
représentation sociale ?
Sans forcément partager toutes les analyses de
l’auteur, vous pouvez lire l’ouvrage réédité de
l’historien Yves-Marie BERCE aux Editions du
CNRS /
"Révoltes et révolutions dans l’Europe moderne"
où il analyse les révoltes populaires du XVIII
siècle à aujourd’hui
On y découvre, que fréquemment, ceux qui sont à
la tête de contestations sociales sporadiques ne
sont pas les plus pauvres ou les victimes du
désastre économique mais ceux qui sont dans la
crainte de….
La crainte du futur ! Au XVII siècle, on vit une
partie de la noblesse mécontente quitter la cour,
l’historien marxiste Albert SOBOUL, nous décrivit
que ceux qui étaient appelés les sans-culottes
étaient des Maîtres des boutiques des métiers de
Paris et des artisans, ceux qui étaient appelés les
garde nationaux étaient des bourgeois parisiens
qui s’estimaient être les dépositaires d’une tutelle
politique sur la nation.
Les meneurs d’opinion ont toujours été des
aristocrates ou des représentants des classes
moyennes ou des intellectuels comme MARX,
ENGELS, LENINE, qui ont apporté la conscience
révolutionnaire la classe ouvrière de l’extérieur,
sinon des paysans des latifundia et des militaires
pour l’Amérique latine…
Ensuite effectivement : chacun peut s’interroger
relativement entre l’écart entre l’étincelle
révolutionnaire de départ, et sa traduction dans la
durée lorsque le poids des Institutions
économiques et idéologiques domine et de fait
dirige le fonctionnement politique, juridique et
militaire
Autre chose ont été les actes individuels de
l’anarchisme prôné par BLANQUI, BUONARROTI,
BAKOUNINE, ….caractérisé par l’attentat.
Alors, ce n’était pas de révolution consciente,
organisée, massive pour transformer
révolutionnairement les structures injustes de la
société, mais d’actes isolés violents, créant la
peur et le désordre.
Dispersion syndicale en France, résultat de
l’action revendicative plus difficile à obtenir avec
une syndicalisation faible, une économie
mondialisée qui éloigne les acteurs décisionnels
du terrain, valorisation idéologique étatique,
médiatique et scolaire et parfois parentale d’être le
gagneur, le meilleur, la compétition individuelle
d’avec les autres, bref, tout ceci ne valorise pas
l’engagement collectif structuré, ceci alors que
spontanément les françaises et les français
peuvent se mobiliser pour des causes
humanitaires ou de santé publique ou contre des
fléaux de maladies génétiques, cependant ces
mobilisations elles-mêmes sont souvent
préparées par d’intenses campagnes médiatiques
parfois quasiment institutionnelles.
Je n’ai pas le temps à ce stade de développer ma
propre analyse. A l’approche de consultations
électorales importantes en France en 2014, dont
les élections européennes, lesquelles, risquent de
traduire un divorce entre le vécu des peuples et
les politiques européennes d’austérité mises en
œuvre et ainsi de favoriser les votes
d’exaspération, et bien : ce type d’analyse, à
partir des réalités sociales actuelles mérite
réflexions et actions de la part de tous les acteurs
institutionnels et sociaux, et pour toutes les
consciences citoyennes.
Copyright Guy CREQUIE
Ecrivain français à finalité philosophique