Au moment ou ça craque
Ce bonheur
Si bien grandi
Bel arbre dont le feuillu
Fait que l’on se sente bien à son ombre.
Vais-je savoir le regarder prendre du tronc
Ou bien en faire des allumettes
Et les brûler une à une
C’est toujours au moment où ça craque que l’on pressent de quel bois se nourrit la foudre ! Après que la mort assoiffée l’eût léché, après qu’elle l’eût roidi de son souffle définitif et brûlant, elle laisse l’arbre exsangue sans bras, aussi noir que son ombre, puis s’en va.
Aucun oiseau en vol ni perché, pas même le blanc d’un nuage. L’azur insolent revenu inonde toute chose, à quoi bon l’implorer !
La terre fume encore et l’homme se terre au plus profond, tant les yeux sans eau le brûlent, tant l’air est âcre, qu’il fait la salive rare. Seuls les cœurs pleurent à petits bruits, sans que les mots passent les lèvres, tant elles sont sèches.
une lueur de ciel calciné
à l’approche d’une nuit anthracite
où le sol gris de cendre
collera aux pas des perdus
bien après l’irruption d’une colère minérale
propre à statufier dans une gangue d’éternité
tout être ne s’étant pas trouvé.
Mais chez les animaux comme chez les hommes, déjà dans les têtes germe le vert.
Choupie Moysan