Frontalière
au bout de la rue
les barrières rouge et blanche
délimitent le « nomenland »
au passage français,
au retour de Belgique,
le douanier,
demande la carte d’identité
demande aux femmes
d’ouvrir leur sac à main
palpe les hommes le long de leur corps
au travers pardessus et pantalons
tel était le lot des frontaliers…
avec la tentation de dissimuler les achats
pour ne pas payer les droits de douane.
aujourd’hui, plus de barrières,
plus de douaniers
plus de droits de douane
l’Euro circule des deux côtés
mais les chemins de mon enfance
ceux qui passaient d’un pays à l’autre
librement, au milieu des prairies et des champs
ont fait place à une zone industrielle…
les usines bouclent le pays
et pendant la crise du Covid
des grands plots de béton
barraient les rues passantes…
reste les autoroutes pour croire
que le monde est à nous.
YZA
le 10/01/2023