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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 17:06

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MARS 2014

 

Elections : agora bondée avec vote à main levée

 

ELECTIONS

Je me pris un jour l'amour des élections.  Les citoyens en cas de canicule votaient pour ceux qui les ombrageaient. Le roi  soleil était donc de la partie, mais il se cachait la moitié du temps, le plus souvent accaparé par ses affaires. En fait tout dépendait de lui, il dispensait en temps d'élections ses largesses et l'herbe poussait pour lui servir de tapis tandis que les arbres donnaient à certains leurs ombrageuses reconnaissances. Les nuages que le Soleil produisait lui-même dans ses usines "Mers et Océans SA" délimitaient ses territoires qui changeaient tous les jours, tant son besoin de pourfendre la barbarie avec son impérialisme néo-colonial  était grand.

Le soleil disait nous apporter la civilisation du sourire. Tu parles, y a qu'à regarder les pays du Sud et le désert. Par contre, il marquait les peaux à son image. Des citoyens mettaient  même des onguents pour que le soleil en les touchant puisse sentir leur filiation reconnaissante. Le soleil est actuellement presque notre seul capital, il brûle pourtant bien peu de ses surplus pour nous chérir.

Il y a bien quelques contestataires, les étoiles de la nuit, mais leur force et leur chaleur n'arrive qu'à percer de petits trous dans le vaste manteau capitaleux que revêt notre Sieur Soleil avant d'aller dormir à l'autre bout du monde. Les étoiles comme utopie n'attirent que quelques marginaux qui ne font pas le poids, comme on dit. Il y a bien aussi un mouvement  d'opposition fort et sérieux, qui parfois prend ou partage le pouvoir, mais il est très souvent dans la lune quand il s'agit de s'opposer vraiment aux diktats de sieur Soleil. Ce mouvement arrive bien à soulever comme une marée les usines "Mers et Océans" jusqu'à la grève mais souvent il se retire avec la marée descendante. Par contre la majorité ensoleillée lui laisse le soin de veiller à notre sommeil, tandis que la journée, elle amasse bénéfices et plus-value.

Pour ma part crier aux étoiles toutes les nuits ne m'aurait que fait dormir la journée où les belles passent en rayon de ciel sur nos cornées. La journée tout le monde vote pour l'ombre, cette alliée inconditionnelle  de son maître tyrannique qui n'en fait qu'à ses heures.

Le problème sembla devenir insoluble et vide. Il fallait inventer le jour et la nuit pour avoir le moindre crédit auprès de la population. Et c'est là que me vint l'idée lumineuse de chercher ailleurs mon bonheur.

Je partis sou terre avec quelques semblables vivre d'autres destinées. De temps à autres las de ne pouvoir arriver à nos fins ou emprisonnés dans nos propres contradictions, nous fîmes trembler la terre  et les volcans crachaient le feu de nos désirs à la face du monde.

 Il viendra bien un jour où nous réunirons le peuple dans une agora pour qu'il décide sa propre marche à suivre, où il se délivrera de l'aveuglement occasionné par  notre tyran, où il respectera la terre, notre vraie richesse. Mais avant de gagner une quelconque élection pour établir une démocratie directe ou réelle ou de renverser  le pouvoir établi, il reste encore quelques printemps à labourer la terre de nos laves rougeoyantes et à faire pousser de beaux vergers pour en croquer les fruits.

 

Benoist Magnat

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Pierre Seghers

Le ciel vous a été offert 

Le ciel vous a été offert
Avec ses limites où meurent les oiseaux
Et la terre conquise par un sourire
Vaincue par le sang.
Semblable au héraut qui sonne sur le fleuve
Vous annoncez le temps des grandes libertés
Homme vivant pour l’homme
Rien d’autre que l’homme
Vous, grâce courage et violence
Miraculeusement unies.

*

L’ombre du grand rapace a caché les étoiles
Il passe et repasse l’enfance crie grâce
La France sent le froid parcourir tout son corps
Comme on vieillit mal cette année
C’est d’Allemagne que vient le froid
Et notre cœur bat au rythme fou des sables…
C’est d’Allemagne que vient le temps
Il mêle cependant les roses à la mort
Les roses de Jéricho à la mort allemande.

Pierre Seghers

In Comme une main qui se referme © Éditions Bruno Doucey

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Darius Klimczak

Diane et Actéon

 

Avant les chiens déjà le désir le dévore.

Il a posé son arc et pourtant sous la lune

un javelot tendu soulève sa chlamyde.

 

Sous le feuillage obscur il voit luire le corps

long, désirable et nu d’une déesse brune

dont il sent sous les doigts déjà la chair humide.

 

Dans la moiteur du bois la fontaine murmure

des notes idylliques où se cache la mort.

Actéon fasciné dégrafe sa ceinture.

 

Avant les chiens déjà le désir le dévore.

 

Pierre Thiollière, 27 février 2014


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Darius Klimczak

 
                          Tout chose

 

La chose est singulière : hier, en me quittant,

(Et ça, c’est quelque chose !), on pu voir mon client,

Me dire en s’inclinant : « Bien des choses chez vous ».

Tout chose en suis resté ! Quelles choses ?  Et … « chez nous » !

Comment prendre la chose ? Quelle est la dite « chose » ?

Creuser le fond des choses où gît le pot aux roses ?

J’aime assez bien le mot, mais la chose, qu’en dire ?

Sur la chose, chez moi, on va surenchérir …

 Car le mot et la chose à tout bien réfléchir,

On en dit, on en fait, il ne faut pas mentir ! 

La chose sur les toits je vais donc la crier ;

Les choses par leurs noms, osons donc les citer !

 

La chose est entendue, je prends les choses en main ;

En toutes choses il faut considérer la fin.

Prendre  la chose à cœur serait donc mal venu.

Mais la chose promise est-elle toujours due ?

Car si, à quelque chose, un malheur était bon,

Aux choses bienheureuses,  il faudrait dire non.

La rareté des choses en donne tout le prix,

Chaque chose a sa place : aux vaches on sacrifie !

Le lait est une chose, et son prix est une autre …

La chose est trop aisée de jouer les bons apôtres !

S’il vous suffit d’un rien, pas besoin de grand-chose ;

Qui vit content de peu, possède toutes choses …

 

La vie est-elle chose à prendre au sérieux ?

Les choses d’ici-bas nous rendent-elles heureux ?

Plus ça change ou moins change et plus c’est même chose.

A peu de choses près, on a chacun sa dose.

C’est un état de chose et qui n’est pas grandiose.

Ce nom-là, de la chose, excite fort la glose !

N’y rien faire, à la chose, en parlant choses et autres ?

La chose est d’importance, où l’on sait qu’elle est nôtre …

De deux choses,  une ou l’autre : ou l’on a peur du mot,

Et pour faire la chose , on retient tout propos.

Ou bien « chose » vous plaît et le mot vous motive,

Jusqu’au jour où les ans, de la chose vous privent.

 

De la chose, voyez, je ne suis pas censeur,

Mais « vous dis bien des choses » ; ou chez vous ou ailleurs …

 

                                                                           Jacques Grieu

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Darius Klimczak

Vert

vert et verrou pour l'or

que le feuillage enlise

tel l'espoir atteint d'une larme qui noie

la jungle des désirs.

Vert et vers où

porter son cœur

au fond d'un marécage de doutes.

Vert et vers quoi

dire à ses pas que l'horizon

est encore bleu, solaire au-delà.

Vert et verroterie de rien

lorsque tout peut finir au fond

d'un simple verre d'eau.

 

François Fournet

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Published by POEMES_EPARS - dans ECRITURE ou LIVRES
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