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13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 04:44

 

LES YEUX-BRAGUETTES

 

Extraits: « LES YEUX-BRAGUETTES » d’Hèlène Beaurivage.

Disponible à la vente 2014 sous Les Editions La Bruyère.

 

En me découvrant ainsi, je n’en croyais pas mes yeux ! Les couleurs égayaient mon visage et mes yeux bleus resplendissaient ! J’avais envie de rire tellement la différence était frappante ! A peine je me serai reconnu si je m’étais croisé dans la rue ! Mon allure de femme me remplissait de joie ! Je m’esclaffais devant cette nouvelle image de moi-même. Je me sentais toute neuve, rutilante ! Je regardais mon corps sous toutes ses coutures ! Je me tournais et me retournais pour mieux m’admirer. On aurait dit une vraie femme !

La proposition de Mathilde me donnait soudain des envies de danser, de voir d’autres horizons, d’autres gens !

« Les parents ne vont pas apprécier mais pourquoi ne partirai-je pas avec elle ? J’ai dix-huit ans depuis bientôt cinq mois et il est temps que j’aille découvrir le monde qui m’entoure sous d’autres lieux que celui de Vierzon, petite ville de province, cité perdue au centre de la France ! Une ville sans attraits, une ville morte et sans avenir !

« Etre une hôtesse ne doit pas être si difficile ! Je finirai bien par m’y faire malgré ma timidité et cela me donnerait peut-être plus d’assurance ! J’étais fière de moi et me retournai vers Mathilde qui riait de me voir si enjouée !

- Il faut que j’aille en bas pour annoncer la nouvelle aux parents !

Je sortis de la chambre et descendis les escaliers. J’avais un peu de mal à marcher avec ces grands talons mais je me cambrais et le dos bien droit, m’efforça d’adopter une démarche plus aérienne.

Quand je rentrai dans le salon, les deux parents regardaient la télé. Ma mère tourna la tête. Elle se demandait ce qui se passait ! Je voulais que mon entrée dans le salon soit triomphante, mémorable! Alors je me déhanchai sans aucune retenue et défilai autour de la table comme une star de cinéma ! Leurs yeux étaient ébahis !

Mon père me dévisagea gaiement avec son air tranquille ! Ma mère était beaucoup moins enjouée ! Elle voyait le mal partout ! Je vis à son air contrarié qu’elle n’était pas du tout enchantée de me voir dans cette tenue ! Pour casser un peu son animosité je proclamai fièrement, du haut de mes nouveaux talons aiguilles:

- Alors ? Elle n’est pas jolie votre fille ce soir ?

Personne ne répondit ! Ils avaient l’air tout les deux abasourdis, alors je continuai ma joyeuse exhibition et leur annonçai sans détour :

- Demain je pars avec Mathilde…je vais avoir un travail !

Ma mère restait crispée et sur la défensive! Je la voyais ruminer, se retenir pour ne pas exploser, chercher ses mots:

- Tu vas… partir ?...avec Mathilde ?...tu vas travailler aussi dans les bars ?

 

 

 

 

 

 

 

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Published by POEMES_EPARS - dans ECRITURE ou LIVRES
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